Marina Vlady, "C'était Catherine B."

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Combien j'ai été blessée de découvrir dans le livre: "C'etait Catherine B", de Marina Vlady, éditions Fayard, 2013, des passages me conçernant de près, relatifs au travail que j'entrepris avec Catherine Binet, en 2003, autour d'un imposant manuscrit d'un millier de pages, qui s'intitulait alors : "Le Journal d'une passagère" et dont la rédaction remontait à une vingtaine d'années. Ce labeur consenti entre l'auteur et moi allait donner vie au livre  "Les Fleurs de la Toussaint" que j'éditais moi-même, à compte d'éditrice évidemment, aux Éditions de Champtin.

 

Alors que je finissais avec Michael Lonsdale, "Un cri dans les images", ce dernier me parla d'une chère amie cinéaste, Catherine Binet, en peine d'éditeur pour un manuscrit.

 

Ce livre, Les Fleurs de la Toussaint, il n'y a pas à dire est un chef-d'œuvre de la littérature française contemporaine et c'est tout le mérite de la petite édition d'être de l'art et de savoir prendre ses risques. Mais ce n'est pas parce que la petite édition est comme son nom l'indique, "petite", c'est-à-dire assez dépourvue de moyens commerciaux (tout reposant le plus souvent sur une personne qui ne jouit pas d'une grande fortune, bien au contraire), qu'elle est morte ou que l'on peut faire comme si elle ne comptait pas. Ce serait vraiment trahir l'histoire littéraire !

 

Lorsque le livre parût, en 2004, Le Canard Enchaîné, par André Rollin et le journal Libération en acclamèrent la venue par deux longs articles. N'était-ce pas assez ? Pourquoi aller chercher l'avis d'un scribouillard qui avait osé écrire que j'avais "dégueulassé" cette noble mission qui consiste à rendre publique, une œuvre encore inexistente ? Pourquoi cette cruauté, alors que le livre existe et que chacun peut s'en rendre compte, d'aller dire qu'il ne sagissait que de quelques tirages médiocres ? Le lecteur n'est-il pas juge ? C'était le moment où jamais, pourtant, de lui faire savoir qu'il trouverait enfin une occasion de se passionner pour de la vraie l'ittérature. Occasion manquée que je rétablis donc pour mon amie Catherine Binet.

 

Catherine était de ces femmes exceptionnelles qui savent vous aimer, aimer vos amis, vos enfants, votre folie (mais pourquoi voir de la folie là où il y a du courage ?). Elle était douée d'une beauté convaincante et d'une profonde intelligence qui n'allaient pas sans l'élégance généreuse des femmes de l'art. En matière d'art, la compagne de Georges Perec avait fait ses preuves, réalisant des films géniaux encore que peu connus ; notamment :  Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz, (fiction autobiographique), Te souviens-tu de Gaspard Wincler (documentaire sur George Perec), Film sur Hans Bellmer (court métrage sur l'art). 

 

Avec Alain Prique, mon co-fondateur des Éditions, Armel Luis, correcteur, Philippe Joye, maquettiste, nous constituâmes une équipe d'encadrement pour ce travail dont chacun respectait l'avancée. Durant six mois, je me rendis quotidiennement, rue des rosiers, chez mon auteur pour assister sa relecture. Seulement arriva l'urgence, pour Catherine, d'en venir à la publication. Si Catherine était forte, la vie m'avait appris à me méfier de l'apparence "d'être increvables" qu'ont parfois les personnes les plus précieuses, et nous décidâmes de concrétiser l'issue de notre tâche. Nous fîmes bien.

 

C'est un métier d'apprendre la vie. Ce livre, magnifique, est disponible chez moi comme tous les livres que j'édite.

181 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.

314 pages, 26 €

Les Fleurs de la Toussaint, ISBN 2-9519668-2-2

 

 

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Marina Vlady, "C'était Catherine B."

Publié dans catherine Binet

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É
Très impressionné. Un grand lecteur de Georges Pérec. Souvenir ému de Marina Vlady à Ville d'Avray dans mon enfance...
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N
Oui, c'est impressionnant. Moi j'étais amoureuse de Marguerite Duras et quand Catherine m'en parlait, ou Michael Lonsdale, je buvais du petit lait. Je suis redevable à Catherine Binet de m'avoir fait découvrir Unica Zürn. Cette dernière, compagne de Hans Bellmer et étonnante dessinatrice écrivit "L'homme-Jasmin" et "Sombre Printemps". Elle traverse le film : Les Jeux de la comtesse... George Perec m'intimide depuis le documentaire de Catherine. Il faut le voir !